Je quitte les réseaux sociaux

Gros clickbait pour mieux capter l’attention.

Si vous venez d’arriver et que vous voulez en savoir plus sur l’empreinte psychologique que les réseaux m’ont laissée et la série que j’ai écrite dessus, je vous mets le lien des différents épisodes décrivant ce rapport addictif à ces plateformes.

Épisode 1 : http://diaurum.fr/le-petit-pamphlet

Épisode 2 : http://diaurum.fr/le-petit-pamphlet-2

Épisode 3 : http://diaurum.fr/le-petit-pamphlet-3

Épisode 4 : http://diaurum.fr/le-petit-pamphlet-4

Épisode 5 (final) : http://diaurum.fr/le-petit-pamphlet-final

Petit profilage : Il faut savoir que j’étais celui qui étais tout le temps disponible bien que parfois, ça m’arrivait de ghoster certain.e.s. J’étais tout le temps connecté, au fait de tout, d’ailleurs ça m’a valu quelques remarques  » Tu ne dors jamais ; tu te couches tout le temps tard etc … » . J’essayais peut-être d’atteindre mon idéal : celui d’une omniscience tant rêvée mais après réflexion, je me suis rendu compte que tout cela n’était qu’une quête vaine et que mes cernes se creusaient un peu plus. Autant chercher la pierre philosophale.

Il y a eu cette citation de Descartes dans laquelle je me suis fidèlement reconnu, « Les plus grandes âmes sont capables des plus grands vices aussi bien que des plus grandes vertus« . Je crois que cela a été écrit pour les gens comme moi, les narcissiques. Non je vous arrête, ce n’est pas un accès de narcissisme, je me suis simplement identifié à cette phrase. Et c’est comme si ma décision de quitter les RS avait procédé de cette citation. Je la vois comme un ressort qui m’a poussé à changer cette image de moi, celle d’un couche-tard irraisonné et même si la vignette qu’on me colle m’importe peu, c’était aussi pour taire les mauvaises langues et en quelque sorte dire « regardez-vous misérables, vous êtes toujours dans ce cloaque ». C’est un peu dédaigneux je l’avoue mais excitant, de se dire qu’on est parti, qu’on a laissé tout cela derrière soi, comme les romains qui lors des Lémuries jetaient quelques fèves noires derrière eux pour prévenir les mauvais esprits et empêcher le passé d’interférer le présent. Il me fallait réduire à néant cette image, parce que subrepticement, on finit par se voir à travers le regard de l’autre qui nous complimente. C’est comme si on s’introduisait dans son regard pour se voir, nous, et qu’on agissait pour conforter cette image. Ça devient une espèce de plaisir scopique. C’est dangereux parce qu’on ne vit plus pour nous satisfaire mais pour maintenir une certaine représentation de nous qui correspond à ce que l’on souhaite projeter sur l’autre. On perd plus de temps à vouloir sculpter cette image qu’à travailler sur soi, et cela de manière consciente comme inconsciente.

Le temps perdu ne se mesure plus et cette perte de temps m’a échaudé, si bien que je me retrouve aujourd’hui à vous écrire cet article qui va sans doute passer inaperçu puisque je n’ai plus de conduit (comme Instagram) pour partager sa publication.

Impressions : Tout cela n’est qu’un jeu diabolique qui, censé rassembler divise plutôt, change nos paradigmes, la représentation du monde, la perception de notre propre corps. Il nous gâte avec cette proximité et connivence illusoires avec les gens qu’on follow. C’est l’exemple du voisin de palier, dont on connait l’existence par un chassé-croisé mais dont on ne s’enquiert jamais vraiment. Ce jeu devient une immense source de distraction, d’exutoire, d’échappatoire à ceux qui ont peur de se retrouver seuls face à eux-même, préférant se connecter au monde plutôt qu’à eux-même. C’est comparable à la masturbation, le nombre de likes est source de satisfaction et cela libère de la dopamine enfin je n’irai pas jusqu’à dire qu’on atteint l’orgasme mais la zone du cerveau relative à la récompense est sollicitée. Et le plus souvent, s’adonner à l’onanisme intervient pour combler l’ennui. Donc l’analogie est parfaite. Cela prend une telle place que l’arrêt soudain de la dépendance laisse un vide et l’on en vient vite à s’ennuyer.

Quant à mon corps : On a tous un idéal, un corps auquel on veut ressembler mais je me questionne sans cesse et je ne sais pas si mon idéal est sincère c’est-à-dire issu de ma propre vision sans aucun parasite, sans aucune influence exogène. Ou est-ce que finalement me plaire ne reviendrait-il pas à satisfaire l’idée ad nauseam, qu’on se fait d’un homme dans cette société qui martèle une idéologie qui gravite autour d’un culte du corps hypertrophié, aux muscles saillants, une voix grave, des mains calleuses et veinées, un dos en forme d’entonnoir ? C’est-à-dire chercher à correspondre à l’idée qu’on se fait de la masculinité et gommer toute la diversité. Je me pose encore la question : Pourquoi devrais-je répondre à l’injonction d’un corps musclé si celui-ci n’a aucune autre utilité que de plaire, donc purement esthétique avant de répondre à la question relative à mon coeur, à ma santé. Certains trichent en faisant d’une pierre deux coups, joindre l’utile à l’agréable. Mais arrêtons de se leurrer, on sait très bien que c’est pour faire des likes tout ça et vendre du sexe en poudre.

Tout ça pour dire que chaque jour avant d’entrer dans la douche, j’observe mon corps avec observance me disant « houla on est bien loin des grands bustes râblés » en rigolant et en frappant mon bidou. C’est vraiment difficile de construire sa confiance en soi quand dans chaque pièce de la maison il y a des miroirs même dans les toilettes (je parle de chez moi). Mais heureusement, j’ai su y remédier me rassurant que mon IMC est dans le vert. Quelle bassesse ! Je sais ce n’est pas très honnête mais on fait comme on peut hein. Je me résoudrai bien un jour à me mettre au sport et sérieusement. Mais pour l’instant j’ai vraiment du mal à y croire.

Aller Tchuss.

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