Le petit pamphlet

Un petit pamphlet à coup de satire jubilatoire, comment ces plateformes ont modelé la vision de notre environnement. Comment rompre progressivement les liens avec ces petits diables qui nous hantent ? Je vous livre mon petit témoignage et quelques conseils pour nettoyer la toile d’araignée chronophage, désormais il vous appartiendra de ne plus la nourrir par petits bouts d’ennui curieux. 

Jour 1 : Combattre l’attachement  

Eurêka ! Une idée vous affleure et hop le réflexe est de tweeter comme pour la matérialiser. C’est psychosomatique. Mais parfois certaines idées sont vouées au silence peut-être parce qu’elles offensent ou mortifient. 

Ma tribune est aussi le lieu propice pour exprimer un combat à outrance que je mène depuis 6 ans (Mon compte instagram et Twitter ont cette année 6ans). Cette fois, c’est moi qui dénoncerai le chant mélodieux de Larry. 

Quand vous avez la tête dans le guidon et entre deux lignes de cours qu’on apprend, cette envie de saisir son portable vous prend comme une démangeaison qu’il faut soulager en grattant parfois même jusqu’au sang. Ça vous donne des dartres sur le corps, mais vous continuez à gratter. 

Je ne saurais dire si ça influe sur la motivation mais la concentration est mise à mal. Et je sais que ça inspire plutôt l’incurie, un comportement fait de tergiversations et formateur de procrastinateurs. On déraille sa pensée pour satisfaire un besoin spectral. 

Personne ne philosophe sur Twitter on tombe sur quelques pépites mais peu accèdent à une tribune digne de leur réflexion. Et les combats sur Twitter vous échinent de par leur violence injustifiée et crétines. 

Avant les gladiateurs qui sortaient victorieux d’une lutte, s’enduisaient le corps de rouge cinabre, là aussi il faut laminer l’adversaire sans aucune bienséance. Sans même aucun respect. Avant les gens s’affrontaient à coups de plumes et de bonnes manières, mon arrière-grand-mère m’a raconté que dans la cours de récréation ils bataillaient littéralement plume contre plume. L’on savait respecter son interlocuteur et son adversaire mais aujourd’hui, c’est une situation d’ilotisme qui s’installe où le respect devient gageure. 

Concernant l’exercice de sa réflexion, on ne peut que déplorer une peau de chagrin. On ne pense même plus. Ceux qui osent penser se font bâillonner à coup d’insultes, de vaines critiques et de poncifs ruminés par une doxa héritée de parents à l’esprit obtus. Voilà comment on forme une génération qui claudique, estropiée, à laquelle il manque un esprit critique affilé, parfaits pour constituer les nouvelles ouailles.

Twitter est devenu un prétoire public. Un chemin de croix pour ceux qui veulent se lamenter, et s’apitoyer sur leur sort. Où la déréliction est mal perçue et mère de tous les maux. 

Le cycle est tellement basique, on tweete, on retweete, on subtweete ou on fav. On s’y complait sans aucune notion de dose. La chaîne de l’addiction est une véritable litanie. Pourquoi est-ce devenu aussi prégnant dans nos vies que de tweeter ? Pourquoi Twitter s’immisce de plus en plus et lato sensu les réseaux tous azimuts. Au début on pense que le petit oiseau reste bien sagement dans son trébuchet, mais il finit par piauler tellement fort qu’on fait tout pour le faire taire et cela passe par une gentille caresse. Autrement dit prendre son portable et ouvrir l’application, appuyer sur le petit carré bleu. 

Moi je n’ai pas le sens de la mesure. Je pouvais aussi bien passer une journée entière sur Twitter n’ayant rien à faire, que pendant une période d’examens ou stress et adrénaline se conjuguent. C’est assez difficile à imaginer mais je pense que certains se reconnaîtront aisément. Et j’admire ceux qui parvenaient à cloisonner en apparaissant et disparaissant comme un éclair. Ils se faisaient discrets, de vrais caméléons. À vous je ne peux rien dire, vous savez diluer le vin. Je parle à ceux qui sont tombés dans l’addiction. Seulement à l’instar de la dépression on tend à minimiser l’addiction aux réseaux. Bien que la comparaison est facile. Moi-même je dirais à quelqu’un qui m’avouerait une pareille addiction qu’il est un malade imaginaire mais ce quelqu’un aujourd’hui, c’est moi.

Certains arrivaient tant bien que mal à prendre la forme du moule,  oui parce que Twitter a un utilisateur-type, celui qui rêve d’aller à Bali ou à Santorin avec son « bae », ce qu’on appelle le « goal » ultime.  Il faut avoir des rêves de prolo, être proprio à 30 ans voire moins. Mais cet utilisateur doit se familiariser avec une culture propre à la twittosphère. Oui parce que Twitter a son politiquement correct et son servile adepte, la bien-pensance, celui qui pense s’exprimer à coup de cris. Mais ce ne sont que des feulements désagréables comme des chats tard le soir. Et tous pensent y exercer leur esprit critique. Quelle misérable pègre ! C’est un milieu de complaisance où il faut crier avec la meute. Sinon on est honni par elle jusqu’à se faire dépiauter. Certains passent du virtuel au réel. Certains pensent que le réel est virtuel. Quel chiasme de mauvais goût je l’avoue. Enfin j’espère que vous me comprendrez. J’ai décidé de couper la tête du serpent de mer parce qu’il s’est lové trop facilement dans ma tête et il a enflé jusqu’à prendre une place beaucoup trop importante dans ma vie. Il a dévoré voracement ma jeunesse. Mais je suis, seul responsable, parce que j’ai nourri la bête par accès d’angélisme.

La suite au prochain épisode … 

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